1er Congrès International Francophone sur l'Esprit Critique>

Appel à communications > Présentation

 

Contexte

La lutte contre l’infodémie, une propagation massive et rapide d’informations dont la qualité est très hétérogène, voire constituent de la désinformation, est identifiée comme un enjeu majeur du XXIème siècle. La prolifération d’informations et la propagation des fausses informations (fake news) interrogent notre capacité collective et individuelle à nous orienter dans le flux continu de l’information et à distinguer le vrai du faux (ou du flou) au regard des contextes et sociétés dans lesquels il s’inscrit. 

Il est en outre scientifiquement établi que cette infodémie affecte les comportements dans des domaines clés comme la santé1 (hésitation vaccinale, médecines alternatives et complémentaires, etc.), l’éducation2 (neuromythes...) et le climat3 (déni du réchauffement climatique...). Par ailleurs, on constate une augmentation au sein de la population française de l’adhésion à des croyances non fondées5 (pseudo-sciences, théories du complot, médecines alternatives…), avec là aussi des conséquences significatives sur la santé, l‘éducation, l’environnement, la démocratie et la qualité de vie. Couplée à une crise de confiance envers les institutions6, cette dynamique contribue au délitement du lien social et à la déstabilisation des sociétés démocratiques. 

Face à ces défis, il est indispensable d’exercer notre esprit critique, c’est-à-dire notre capacité à ajuster notre confiance en fonction de la qualité épistémique des informations et de se questionner sur notre propre mode de fonctionnement, mais aussi d’identifier le contexte dans lequel s’expriment ces informations4 (enjeux politiques et de pouvoir, économiques, géopolitiques, sociaux, moraux, environnementaux, sanitaires, etc.).  Les désordres de l’information appellent une réponse globale de la société, dont l’éducation à l’esprit critique et aux principes qui guident la rationalité, telle que l’étude du monde selon les principes de la méthode scientifique7, fait pleinement partie.

L’esprit critique, défense indispensable contre les désordres de l’information, s’impose ainsi comme un enjeu sociétal majeur.

Objectif

L’objectif du CIFEC est de fédérer un réseau pluridisciplinaire francophone et international de chercheuses et chercheurs dédié au développement de l’esprit critique pour lutter contre les désordres de l’information et les menaces hybrides contre la science, la démocratie et la paix.

Le CIFEC invite toute contribution à fort ancrage sur données probantes qui investigue les différentes facettes et approches de l’esprit critique et autres leviers de lutte et de défense contre les effets des désordres de l’information (infodémie, malinformation, mésinformation et désinformation) et la propagation des croyances non fondées, dans les domaines aux enjeux sociétaux majeurs, l’éducation, la santé et l’environnement

Les contributions portant sur la place des sciences et de la démarche scientifique dans l’espace public sont encouragées. L’ambition du congrès étant de fournir des recommandations concrètes fondées sur une identification précise des phénomènes, une mesure de leurs effets et des données probantes quant à l'efficacité des dispositifs recommandés.

Axe 1 - Identifier et cartographier l’impact des désordres de l’information : diagnostic des enjeux contemporains

Le contexte informationnel actuel est marqué par des désordres de différentes natures, dont il est nécessaire de décrire, quantifier et comprendre les effets et les conséquences, afin d’en mesurer les enjeux dans les domaines majeurs que sont la santé, l’éducation et l’environnement.

Ce premier axe du CIFEC s’attachera donc spécifiquement à qualifier et quantifier l’impact des désordres de l’informationLes communications permettront ainsi de :

  1. ADHESION AUX FAUSSES CROYANCES : (ré-)évaluer l’impact réel des désordres de l’information sur l’adhésion effective des individus et des groupes aux croyances non fondées (pseudosciences, théories du complot, croyances paranormales, climato-scepticisme, etc.), au-delà des seules métriques de diffusion.

  2. TRAITEMENT DE L'INFORMATION : documenter les conséquences des différents traitements de l’information (au sens large) et leur ampleur : effets de biais cognitifs, de différents outils ou discours trompeurs (graphiques, etc.), de l’intuition, des émotions, des croyances non fondées, et ce dans différents contextes, notamment éducatifs, de santé ou liés à la question climatique et environnementale.

  3. RAPPORT A L'INFORMATION : mettre en évidence les enjeux de société qui en découlent : en particulier la question de la confiance envers la science et les institutions, la montée de ‘’nouvelles’’ pratiques professionnelles (médecines alternatives et complémentaires, dérives sectaires, etc.), l’accompagnement des usages/mésusages du numérique et de l’IA (agents conversationnels, etc.), la prévention de la santé mentale et physique, les stratégies de communication de « marchands de doute » (Oreske & Conway), le greenwashing, etc.

AXE 2 - Protéger par des interventions ciblées : des enjeux d’efficacité et de preuves

Cet axe est celui des réponses que l’esprit critique et/ou autres leviers associés peuvent apporter aux enjeux contemporains dégagés dans le premier axe. Il ne s’attachera donc pas à la question de la lutte contre les désordres informationnels en tant que tels, mais à l’analyse du rôle que l’esprit critique peut jouer dans la protection contre leurs effets, et surtout aux meilleurs moyens de le développer, afin de renforcer la résistance cognitive de l’individu et de transformer et d’accompagner les sociétés. 

Il s’agira d’identifier l’efficacité de méthodes d’accompagnement au changement ou pédagogiques (evidence-based practices), de programmes de formation professionnelle (management, etc.), de dispositifs de médiation scientifique/culturelle ou de communication. 

Les communications s’attacheront ainsi à présenter des protocoles de recherche avec recueil de données effectué ou en cours (études expérimentales ou études d’impact, interventionnelles, recherche-action, etc.) visant : 

  • EDUCATION AUX MEDIAS ET A L'INFORMATION : dispositifs ou actions pour éduquer aux médias et à l’information(environnement numérique, sources, critères épistémiques dans l’évaluation du contenu informationnel, sensibilisation aux enjeux de communication et aux désordres informationnels, etc.)

  • DEVELOPPEMENT DE L'ESPRIT CRITIQUE et/ou METACOGNITION : développer un traitement délibératif de l’information ou une argumentation explicite, diffuser les principes de la méthode scientifique, réguler les émotions et l’attention, identifier les situations où l’intuition ou les biais cognitifs peuvent conduire à des erreurs de jugement ou d’interprétation, expliciter les mécanismes d'adhésion et de passage à l'acte, réduire les croyances non fondées (pseudosciences, théories du complot, croyances paranormales, climato-scepticisme, etc.

  • CONFIANCE EN LA SCIENCE : renforcer la confiance en la science par la diffusion de la connaissance de ses principes et son fonctionnement (méthodes scientifiques, sciences participatives, évaluation par les pairs, consensus scientifique, éthique, indépendance de la recherche, etc.) pour augmenter la crédibilité des processus qui produisent et diffusent ses résultats dans la société (transparence, intégrité scientifique, vérification continue des connaissances, qualité de l’information scientifique ou la participation citoyenne…)

  • TIERS DE CONFIANCE : créer, promouvoir et développer des dispositifs de tiers de confiance (Wikipédia…)

  • ECO-CITOYENNETE et DEVELOPPEMENT DURABLE : promouvoir des politiques, décisions et comportements propices à l’éco-citoyenneté et le développement durable (résilience, sobriété, etc.) dans une perspective d'accompagnement au changement et/ou d'adaptation.

  • PREVENTION/PROMOTION EN SANTE : améliorer la prévention en matière de santé physique et mentale (vaccination, usages des écrans, sédentarité, image du corps, radicalisation, éco-anxiété, etc.) et promouvoir des comportements de santé.

  • PREVENTION DES DERIVES : prévenir les dérives (sectaires, mésusages, addictions, pseudo-formations, pseudo-médecines, pseudosciences, coaching, technologies émergentes, etc.)

  • ACOMPAGNEMENT DU NUMERIQUE ET TECHNOLOGIES INNOVANTES : former à l’usage et raisonné critique des outils numériques et technologies émergentes (IA générative, agents conversationnels, réseaux sociaux, agents autonomes, etc.) au regard des enjeux contemporains

  • TRANSFERT : améliorer le transfert des compétences et des apprentissages
  • ENCADREMENT JURIDIQUE et/ou MESURES ORGANISATIONNELLES : évaluer les effets des réglementations et de l’encadrement juridique des discours (en ligne et hors ligne) et de l’activité des plateformes; évaluer les effets des mesures organisationnelles et/ou collectives ou des politiques publiques mises en oeuvre à l'échelle de l'organisation, des collectivités, etc. 

Les études d’impact pourront évaluer des interventions destinées à tous les acteurs de la société civile et en particulier aux personnels de l’éducation et/ou leurs élèves, aux personnels de santé, aux équipes de communications scientifique et journalistique, ainsi qu’aux différents professionnels des secteurs privé et public ou auprès de populations particulièrement vulnérables à la désinformation et aux croyances non fondées.

L’ensemble des contributions du congrès permettra ainsi de proposer des recommandations fondées sur les recherches récentes et des données probantes pour lutter efficacement contre les effets des désordres de l’information, pour renforcer la confiance en la science, améliorer la vigilance face aux discours trompeurs, renforcer l’autonomie critique, la résistance cognitive et la défense épistémique des sociétés, mais aussi l’adaptation aux grands défis contemporains. Ces recommandations toucheront les acteurs des politiques publiques, les éducateurs et formateurs, les préventeurs et les promoteurs de la santé publique, les médiateurs scientifiques et culturels et les scientifiques.

Un ouvrage valorisant les contributions les plus importantes sera publié à l’issue du CIFEC (aux PUC).

Publics cibles

Le CIFEC s’adresse à la communauté internationale  francophone de chercheurs et chercheuses de toutes disciplines pour se fédérer autour de la notion d’esprit critique. Des retombées en termes de collaborations et de projets de recherche d’ampleur nationale et internationale comme la constitution d’un réseau pluridisciplinaire d’experts et expertes sont attendues.

Le CIFEC, en plus d’être un congrès à caractère scientifique, se veut une occasion d’échanges et de formation, par l’organisation d’espaces d’échanges et d’information pour divers publics professionnels : 

  • Les personnels de l’enseignement, de la formation académique et les cadres de l’éducation ;
  • Les acteurs de la médiation et de la vulgarisation scientifiques (bibliothécaires, etc.) ;
  • Les acteurs des organisations du secteur privé ;
  • Les journalistes et professionnels des médias

En parallèle de ces temps forts de rencontres et d’échanges entre chercheurs et professionnels de terrain, le CIFEC offre l’opportunité de cibler les citoyens et citoyennes de la société civile par une série d’animations et d’évènements culturels en lien direct avec les thématiques du congrès : conférence-spectacle de mentalisme, tables rondes, représentations théâtrales, atelier ludopédagogique, etc.

Organisation

Le CIFEC est porté par un comité d’organisation, qui se compose des membres du projet LUCIDE.

Le comité scientifique pluridisciplinaire est composé d’experts et expertes de divers disciplines. Il inclut des chercheurs et chercheuses de l’université de Caen-Normandie et des membres extérieurs (nationaux et internationaux).

Un comité pluridisciplinaire de relecteurs composé d’experts et expertes sera en charge d’évaluer les diverses soumissions à l’appel à communication scientifique (communications orales, symposiums, posters affichés) et d’élaborer en coordination avec les acteurs de terrain concernés, les différents espaces d’échanges et de formation proposés, pour chaque public. Un formulaire dédié sera mis à disposition.

Le Dôme et les étudiants de licence et de master de Psychologie et du Master Information médiation scientifique et technique (IMST) de Caen seront également associés à l’organisation.

Préoccupations environnementales et éthiques

Le comité d'organisation du CIFEC est attentif à l’empreinte carbone générée par cet évènement. 

Il est accompagné par la Mission Campus 30 de l’Université de Caen Normandie, qui a pour objectif d’accompagner la stratégie de l’université en matière de développement durable. Elle soutient à l'étude des solutions de réduction de l’empreinte carbone, par la mise en place d’actions dédiées à promouvoir la culture du développement durable.

La seconde préoccupation est de sélectionner les plateformes de diffusion des supports enregistrés les plus respectueuses de l’environnement, des utilisateurs et du respect de leurs données personnelles, etc. En effet, il est important d’aligner les pratiques du CIFEC avec les principes et recommandations qu’il défend.

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